Dossier de diagnostic et trajectoire d'indexation
Deux évaluateurs de la National Library of Medicine ont noté la revue sur cinq axes. Aucun n'a dépassé la mention « passable ». Ce dossier reprend chaque axe, montre ce que la revue déclarait, ce que l'indexation exige, et une revue de référence que vous pouvez ouvrir et vérifier vous-même.
Source : LSTRC Journal Review Summary Report, National Library of Medicine, octobre 2020, et le formulaire de candidature MA-1222 déposé le 12 mai 2020.
Première partie · Diagnostic
Avant de parler de la revue, il faut parler du formulaire.
La candidature MEDLINE a été déposée le 12 mai 2020 sous la référence MA-1222. La personne déclarée comme contact est identifiée dans le formulaire avec la fonction « Engineer » et une adresse de messagerie personnelle. Aucun membre du comité de rédaction n'apparaît comme responsable du dépôt.
Plusieurs réponses du formulaire ne décrivent pas la revue telle qu'elle fonctionne. Quatre questions distinctes (politiques éditoriales, processus d'évaluation, conflits d'intérêts, droits humains et consentement) reçoivent exactement la même adresse web. Deux autres questions renvoient vers la page technique générée automatiquement par le logiciel de publication. L'ISSN papier et l'ISSN électronique déclarés sont identiques, alors qu'il s'agit par définition de deux numéros différents.
Vérification effectuée
Le domaine rafmi.org, sur lequel étaient hébergées toutes les adresses de politiques éditoriales transmises à la NLM, n'a plus d'enregistrement DNS. Ni rafmi.org ni www.rafmi.org ne résolvent. Chaque lien du dossier déposé en 2020 est donc aujourd'hui un lien mort, y compris l'adresse de l'ancien système de soumission en ligne. Des pages de cet ancien domaine restent visibles dans les index des moteurs de recherche, ce qui donne l'illusion qu'elles fonctionnent encore, mais elles ne renvoient plus rien.
Le domaine actuel, raf-mi.org, est bien actif. Il est hébergé sur un serveur mutualisé situé en Allemagne, chez un prestataire, et non sur une infrastructure contrôlée par la société savante. C'est le même schéma qui a conduit à la perte du domaine précédent : tant que le nom de domaine et l'hébergement ne sont pas détenus au nom de la SAMI, l'ensemble de l'archive dépend de la continuité d'un contrat que la revue ne maîtrise pas.
Le travail part de là. Une revue n'est pas évaluée sur ce qu'elle fait, mais sur ce qu'elle peut prouver. En 2020, personne ne détenait les chiffres, personne ne détenait les politiques, et personne n'a relu le formulaire avant l'envoi.
Audit du site actuel, page par page. Tout ce qui suit est vérifiable en quelques minutes.
Commençons par ce qui va bien, parce que c'est réel et que cela conditionne la faisabilité de tout le reste. La revue publie toujours, au rythme annoncé, depuis 2014. Le comité scientifique et de lecture est authentiquement international : Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, France, Gabon, Guinée, Mali, Niger, Sénégal, Togo. Les instructions aux auteurs sont sérieuses et chiffrées par rubrique. La matière éditoriale existe. Ce qui suit porte sur la mise en ligne, pas sur le travail scientifique.
Le certificat de sécurité du site est invalide
Un navigateur ordinaire qui ouvre raf-mi.org reçoit une erreur de certificat, et non la page d'accueil. Le serveur redirige par ailleurs automatiquement toute connexion non sécurisée vers l'adresse sécurisée : il n'existe donc aucun moyen de consulter le site sans franchir un avertissement de sécurité en pleine page.
L'invisibilité constatée plus haut vient de là. Les moteurs de recherche et Google Scholar n'indexent pas un site dont le certificat est en défaut, ce qui explique qu'aucune page de raf-mi.org ne soit référencée. C'est aussi, pour un auteur ou un lecteur, le signal le plus dissuasif qui soit.
Il faut mesurer ce que cela signifie. En 2020, l'un des évaluateurs de la NLM notait déjà l'apparition d'avertissements de sécurité sur certaines pages du site. Six ans plus tard, ce n'est plus une partie du site qui est concernée, c'est la totalité. Le défaut le plus facile à corriger du rapport de 2020 est celui qui a empiré. Le correctif est gratuit et prend une journée.
Le pied de page du site indique 2337-5216. Le numéro enregistré auprès du Centre international, et celui déclaré à la NLM en 2020, est 2337-2516. Deux chiffres sont intervertis. Un indexeur qui vérifie l'ISSN affiché ne trouve pas la revue ; un lecteur qui le cite propage l'erreur. L'ISSN étant une condition préalable bloquante pour MEDLINE, ce seul caractère suffirait à faire échouer un examen initial. Aucune correction du dossier n'est moins coûteuse, ni plus urgente.
Rien dans cet audit ne pèse plus lourd. Une page d'article du site contient le titre, un lien de téléchargement vers un PDF, des boutons de partage, et rien d'autre.
| Élément attendu sur une page d'article | Ce que contient réellement la page |
|---|---|
| Noms et affiliations des auteurs | Absents. L'auteur affiché est un compte technique unique, crédité de cent vingt-trois articles. Les auteurs réels n'apparaissent nulle part dans la page, uniquement à l'intérieur du PDF. |
| Résumé en français et en anglais | Absents de la page. Or la NLM exige un résumé pour tout contenu évalué par les pairs, et les évaluateurs de 2020 avaient déjà relevé que les résumés anglais n'existaient que dans le PDF. |
| Mots-clés | Absents. |
| DOI | Absent. Aucun article de la revue n'en possède. |
| Dates de soumission, d'acceptation et de publication | Absentes. Seule figure une date de mise en ligne, qui n'a pas de valeur éditoriale. |
| Référence de citation complète | Absente. Aucun format de citation proposé. |
| Licence et titulaire des droits | Absents de la page. Le pied de page revendique un copyright au nom de la revue. |
La conséquence est mécanique. Un moteur ne lit pas l'intérieur d'un PDF de la même manière qu'une page structurée : sans auteurs, sans résumé et sans mots-clés dans le code de la page, l'article est illisible pour tout ce qui indexe. Le PDF lui-même porte encore le nom de fichier technique généré par l'ancien système de soumission, ce qui indique que la migration a consisté à déplacer des fichiers, sans reprendre les métadonnées qui les accompagnaient.
La page des archives liste trente-six numéros de 2014 à 2026. Tous les liens de cette liste renvoient vers la page des archives elle-même : il est impossible d'atteindre un numéro depuis cette page. Les volumes y sont en outre présentés dans un ordre non chronologique, les volumes 13 et 12 apparaissant après le volume 2. L'absence de liens rompus ou trompeurs est un critère DOAJ explicite.
La revue se déclare semestrielle. Le volume 12, en 2025, comporte quatre numéros distincts, référencés 1-1, 1-2, 2-1 et 2-2. Le volume 8, en 2021, en comportait quatre également. C'est exactement ce que relevait l'évaluateur 2 en 2020, en constatant plus de deux numéros dans certains volumes. La pratique n'a pas changé. Il faut trancher : soit la revue est semestrielle et la numérotation doit le refléter, soit elle adopte une publication continue et le déclare comme telle.
La navigation du site comporte quatre entrées : accueil, à propos, archives, contact. Il n'y a pas de page de processus d'évaluation, pas de page d'éthique, pas de page de conflits d'intérêts, pas de page de consentement, pas de politique de corrections et de rétractations, pas de licence, pas de politique de préservation, pas de politique publicitaire.
Il y a là une régression. L'ancien système hébergeait, même imparfaitement, des pages de politiques éditoriales : ce sont elles qui avaient été transmises à la NLM en 2020. La migration vers le site actuel les a supprimées. Les évaluateurs avaient jugé ces politiques insuffisamment décrites ; elles ne sont désormais plus décrites du tout.
Elle liste l'équipe et le comité, ce qui est un acquis, avec deux réserves. Les membres sont identifiés par leur titre et leur affiliation, sans qualifications ni domaines d'expertise : c'est mot pour mot le reproche formulé en 2020. Et la direction de publication, la rédaction en chef et la curation sont toutes trois assurées par des professeurs de la même université. Le reproche d'indépendance de 2020 porte donc encore, à l'identique, sur l'organigramme publié aujourd'hui.
Elle donne deux adresses de messagerie grand public, et elles ne sont pas identiques, ce qui laisse un auteur dans le doute sur celle à utiliser. Elle publie les numéros de téléphone mobile personnels du directeur de publication et du secrétaire d'édition. Elle ne comporte aucune adresse de messagerie institutionnelle rattachée au domaine de la revue. Pour un indexeur, une revue qui se joint par téléphone personnel et par messagerie gratuite est une revue dont l'existence institutionnelle n'est pas vérifiable.
| Correction | Effort | Effet |
|---|---|---|
| Réparer le certificat de sécurité | Une journée | Le site redevient consultable et indexable. Lève le défaut le plus visible du rapport de 2020. |
| Corriger l'ISSN affiché en pied de page | Dix minutes | Supprime un motif de rejet à l'examen initial MEDLINE. |
| Réparer les liens de la page des archives et remettre les volumes dans l'ordre | Une journée | Satisfait le critère DOAJ sur les liens rompus. |
| Unifier l'adresse de contact et créer une messagerie au nom du domaine | Une journée | Rend l'existence institutionnelle vérifiable. |
| Publier les politiques éditoriales manquantes | Quelques semaines | Traite le deuxième axe du rapport, celui qui a le plus pesé. |
| Faire porter le nom de domaine et l'hébergement par la SAMI | Quelques jours | Évite que l'histoire de rafmi.org se répète. |
Ces six corrections ne nécessitent aucune plateforme et peuvent être engagées dès la semaine de l'atelier. Elles ne suffiront pas à obtenir une indexation, puisqu'elles ne touchent ni au processus d'évaluation ni au taux d'acceptation, mais elles retirent du dossier une série de motifs de rejet purement techniques. Il serait absurde de conduire un projet de dix-huit mois en laissant un certificat expiré et deux chiffres d'ISSN intervertis.
Premier des cinq axes. Les deux évaluateurs ont coché « insuffisant ».
Le reproche est simple : la déclaration de champ dit que la revue s'adresse aux internistes et aux spécialistes d'organes, que les articles peuvent être en français et en anglais, et que plusieurs rubriques existent. L'évaluateur 2 relève que cette formulation est trop large pour permettre de savoir ce que la revue publie, et ce qu'elle refuse.
Deuxième axe, et le plus lourd dans la décision de refus.
Les évaluateurs ont porté trois points positifs au crédit de la revue : l'accès libre, la présence de rédacteurs associés issus de plusieurs pays africains, et une politique de conflits d'intérêts effectivement appliquée. Le reste est une liste de manques.
Il faut ajouter un quatrième acquis, que les évaluateurs n'ont pas relevé mais qui existe : les instructions aux auteurs exigent déjà un formulaire signé par lequel tous les auteurs attestent de leur participation effective et de leur accord sur le contenu, et demandent que les conflits d'intérêts et les considérations éthiques soient déclarés dans le manuscrit. La matière existe donc. Ce qui manque n'est pas la règle, c'est sa publication comme politique autonome, son application vérifiable et sa trace. Une bonne partie du travail consiste à faire remonter au rang de politique ce qui est aujourd'hui enfoui dans les consignes de mise en forme.
| Constat des évaluateurs | Ce que cela signifie pour l'indexation |
|---|---|
| Le processus d'évaluation par les pairs est mal décrit. On ignore s'il est en simple ou en double aveugle. | Un indexeur ne peut pas vérifier une évaluation qu'il ne peut pas lire. En l'absence de description, il suppose l'absence de processus. |
| Aucune politique sur le consentement éclairé, l'approbation par un comité d'éthique, ou l'expérimentation animale. | Éliminatoire pour une revue clinique. Les observations cliniques représentaient 32 % du contenu déclaré, et ce sont précisément les articles qui exigent un consentement du patient. |
| Les membres du comité de rédaction figurent fréquemment comme auteurs, sans processus distinct pour ces soumissions. | Le reproche porte sur l'indépendance. Sans circuit séparé et traçable, la revue est perçue comme l'organe d'un service hospitalier. |
| Le comité de rédaction est listé par nom et affiliation, sans titres ni qualifications. | L'indexeur ne peut pas vérifier que le comité existe et qu'il est compétent. |
Troisième axe. « Passable » pour les deux évaluateurs.
Les reproches sont d'ordre méthodologique. Les articles sont courts, avec de petits effectifs et des données limitées. Le référencement est faible. Les observations cliniques comportent souvent une revue de la littérature minimale ou une discussion réduite. L'analyse statistique n'est pas systématiquement présente : un évaluateur note avoir trouvé des valeurs de p dans certaines études statistiques, mais pas dans toutes. Enfin, alors que les instructions aux auteurs annoncent le français et l'anglais, les quatre numéros consultés ne contenaient que des articles en français.
Quatrième axe. « Passable » pour les deux évaluateurs.
C'est l'axe le plus directement réparable, et celui où le site actuel est le plus exposé. Les évaluateurs relèvent un calendrier de publication irrégulier, des fautes de frappe et de grammaire, une couverture de numéro tronquée sur la page d'accueil, un site où il faut traverser plusieurs écrans pour télécharger un PDF, des avertissements de sécurité du navigateur sur certaines pages, des figures rares et parfois de faible résolution, et des références mises en forme de manière hétérogène.
La revue déclarait une parution semestrielle. L'évaluateur 2 a constaté plus de deux numéros dans certains volumes, et environ douze articles par numéro, là où le formulaire annonçait cinquante-quatre articles par an sur deux numéros. Les chiffres ne se recoupent pas.
Le site n'est pas moissonnable
Aucune page de raf-mi.org n'apparaît dans les index des moteurs de recherche. La totalité du contenu RAFMI encore visible en ligne provient de l'ancien domaine rafmi.org, qui ne résout plus. La cause est identifiée dans la section suivante, et elle est réparable en une journée.
Un acquis à ne pas perdre de vue
La revue publie toujours, et régulièrement. Le numéro courant est le volume 13, numéro 1-1. C'est un actif décisif : la NLM fait examiner par ses consultants les articles des deux dernières années, et cette matière existe. Beaucoup de revues de société savante de la sous-région se sont arrêtées ; RAFMI tient depuis 2014. Le problème n'est pas la production, il est dans la manière dont elle est organisée et présentée.
Cinquième axe. « Passable » pour les deux évaluateurs.
L'évaluateur 1 lie explicitement l'impact aux deux premiers axes : un champ trop large et des politiques floues rendent l'impact probablement faible. L'évaluateur 2 ajoute que les résumés existent en français et en anglais dans le PDF mais seulement en français en HTML, ce qui limite le lectorat, et relève que certains membres du comité publient dans presque chaque numéro, parfois plusieurs fois dans le même.
Un point mérite d'être entendu positivement : les deux évaluateurs reconnaissent que le contenu peut avoir un intérêt régional et porter sur des populations peu étudiées. La valeur réelle de la revue tient là. Elle n'est simplement pas exploitable tant qu'elle n'est pas trouvable.
Ordre des priorités
DOAJ avant MEDLINE. DOAJ est plus rapide, plus accessible, et l'inscription y est elle-même un argument dans un futur dossier MEDLINE. Les critères DOAJ sont publics et vérifiables point par point : licence explicite, politique d'évaluation décrite, frais annoncés, calendrier tenu. Une revue qui n'obtient pas DOAJ n'a aucune chance d'obtenir MEDLINE.
Ce qui a été perdu sur des champs de formulaire, et non sur la qualité de la revue
Cette section est la plus importante de l'atelier, parce qu'elle sépare ce qui relève d'un vrai problème de fond de ce qui relève d'une donnée mal renseignée. Chaque ligne ci-dessous est à confirmer par la rédaction avant tout nouveau dépôt.
| Champ déclaré en 2020 | Valeur transmise | Lecture faite par la NLM, et vérification requise |
|---|---|---|
| Pourcentage de manuscrits non sollicités | 3 % | Les deux évaluateurs en ont déduit que 97 % du contenu était sollicité, et l'un d'eux en a fait un motif explicite de son avis défavorable. Si la réalité est que la quasi-totalité des articles arrivent spontanément, la valeur exacte à déclarer était de l'ordre de 97 %, et une partie du refus repose sur un champ inversé. À trancher formellement en séance. |
| Taux d'acceptation des manuscrits non sollicités | 100 % | Ce champ n'est pas une déduction, il a été saisi tel quel. Il est incompatible avec toute indexation. Il faut produire le nombre réel de refus sur 2024 et 2025. Si ce nombre est proche de zéro, aucune plateforme ne réglera le problème : c'est une décision du comité. |
| ISSN papier et ISSN électronique | Identiques | Deux numéros distincts sont attendus. Soit le second ISSN n'a jamais été obtenu, soit la saisie est fautive. À vérifier auprès du portail ISSN avant tout nouveau dossier. |
| Quatre adresses de politiques éditoriales | Identiques | Politiques éditoriales, évaluation par les pairs, conflits d'intérêts, droits humains et consentement pointaient vers la même page. L'évaluateur en a conclu que ces politiques n'existaient pas séparément. |
| Politique de publicité, corrections et rétractations | Page technique du logiciel | Les deux réponses renvoyaient vers la page descriptive générée par le système de publication. Ces politiques restent à écrire. |
| Circuit de soumission publié | Adresse Gmail | Les instructions aux auteurs demandent d'envoyer le manuscrit à une adresse de messagerie grand public en parallèle du site. Une soumission par messagerie personnelle ne laisse aucune trace exploitable, ne permet ni horodatage, ni anonymisation, ni suivi, et se lit comme l'absence de système éditorial. À supprimer en premier. |
| Adresse de l'organisation éditrice | Vide | La Société Africaine de Médecine Interne est déclarée comme organisation mère sans adresse web. Pour l'évaluateur, une société savante sans existence en ligne est une société savante invérifiable. |
| Volume annoncé | 54 articles / an | Sur deux numéros semestriels, cela donnerait vingt-sept articles par numéro. L'évaluateur en a compté environ douze. Personne ne mesurait la production réelle. |
| Domaine de la revue | rafmi.org | Ce domaine n'a plus d'enregistrement DNS. L'ensemble des liens du dossier de 2020 est mort, y compris l'ancien système de soumission en ligne. La revue a migré vers raf-mi.org, mais aucune redirection n'a été mise en place depuis l'ancien domaine, ce qui rompt toute citation antérieure. |
Le vrai enseignement
Au moins six champs sur huit sont soit inexacts, soit vides, soit recyclés. Ce n'est pas de la négligence individuelle : c'est l'absence d'un système qui produise ces chiffres automatiquement. Un taux d'acceptation, un délai moyen, un taux de refus de bureau et un nombre d'articles par numéro ne devraient jamais être saisis de mémoire dans un formulaire.
Deuxième partie · Comprendre les enjeux
Ce que c'est, à quoi sert chaque étape, et ce qui se passe aujourd'hui à RAFMI.
L'évaluation par les pairs est le mécanisme par lequel une revue délègue à des spécialistes indépendants la vérification d'un manuscrit avant publication. Elle ne garantit pas qu'un article soit vrai. Elle garantit qu'il a été lu de façon critique par des gens compétents et sans intérêt dans l'affaire, et que la revue a consigné cette lecture. C'est cette consignation, autant que la lecture elle-même, qui est vérifiée par un indexeur.
Une revue est jugée sur quatre propriétés de son évaluation. L'indépendance : le relecteur n'a pas d'intérêt dans la publication. La compétence : il connaît le sujet. La traçabilité : chaque décision est datée et motivée. La constance : le même circuit s'applique à tous, y compris au directeur de publication. RAFMI est aujourd'hui en difficulté sur les quatre.
| Étape | À quoi elle sert | Aujourd'hui à RAFMI | Ce que cela change |
|---|---|---|---|
| Le contrôle technique | Écarter, avant de mobiliser un relecteur, ce qui est hors périmètre, incomplet, ou déjà publié ailleurs. | Inexistant en tant qu'étape formelle. Aucun refus de bureau documenté. | Un relecteur bénévole sollicité pour un article manifestement hors sujet ne répond plus la fois suivante. Le contrôle technique protège la ressource rare de la revue. |
| La récusation | Écarter tout évaluateur ayant un intérêt dans la publication : même service, cosignature récente, lien hiérarchique. | Aucune règle écrite. Les évaluateurs de 2020 ont relevé que les membres du comité publiaient fréquemment dans la revue sans circuit distinct. | C'est le point qui a le plus pesé en 2020, et c'est aussi un critère chiffré chez DOAJ. Sans règle de récusation, la revue est présumée juge et partie. |
| Le double aveugle | L'auteur ignore qui l'évalue, le relecteur ignore qui il évalue. Réduit le biais de notoriété et d'institution. | Non décrit. Les évaluateurs de 2020 ont explicitement noté qu'ils ne pouvaient pas savoir si l'évaluation était en simple ou en double aveugle. | Dans un espace académique restreint où tout le monde se connaît, l'anonymisation est la seule protection contre le jugement par déférence. |
| Deux relecteurs au minimum | Un avis isolé est un avis, deux avis convergents sont un début de preuve. Le désaccord oblige à arbitrer explicitement. | Nombre non déclaré et non vérifiable. | C'est une information que l'indexeur demande nommément dans le dossier de candidature. |
| La grille structurée | Obliger le relecteur à se prononcer sur la méthode, les statistiques, l'éthique et la littérature, et pas seulement sur son impression générale. | Aucune grille. Les évaluateurs ont relevé un référencement faible et des analyses statistiques absentes de certains articles. | Une grille transforme une lecture de courtoisie en évaluation. Aucun levier n'agit plus directement sur la rigueur scientifique. |
| La décision motivée | Consigner pourquoi un article est accepté ou refusé, et par qui. | Non consignée. Le taux d'acceptation déclaré en 2020 était de 100 %. | Sans motivation écrite, la revue ne peut prouver aucune sélectivité, et un taux d'acceptation élevé devient indéfendable. |
| Les délais opposables | Engager la revue sur une durée, et permettre à l'auteur de savoir où il en est. | 180 jours déclarés jusqu'à publication, calendrier jugé irrégulier par les évaluateurs. | Les auteurs choisissent une revue autant sur le délai que sur la notoriété. Un délai non tenu fait fuir les bons manuscrits. |
| La traçabilité | Conserver l'historique complet de chaque manuscrit : qui, quoi, quand. | Aucun système. Les chiffres du dossier de 2020 ont été saisis de mémoire. | C'est ce qui permet de remplir un formulaire d'indexation avec des données mesurées, et de prouver a posteriori qu'une règle a été appliquée. |
Le point à retenir
Aucune de ces huit étapes n'exige un logiciel. Elles exigent une décision du comité, puis un outil qui les rende obligatoires. L'ordre compte : une plateforme installée sur un processus non décidé reproduit le fonctionnement actuel avec une interface plus agréable.
Sept termes qui reviennent dans tous les dossiers d'indexation, et ce qu'ils changent concrètement.
Le Digital Object Identifier est un identifiant permanent attribué à un article, de la forme 10.xxxx/yyyy. Il n'est pas une adresse web : c'est un identifiant qui pointe vers une adresse, et qui continue de fonctionner si l'adresse change. Il est attribué par une agence d'enregistrement, en pratique Crossref pour les revues scientifiques, moyennant une adhésion annuelle et un coût par article de l'ordre du dollar.
Ce que le DOI change pour RAFMI est direct et se mesure. Un article sans DOI ne peut pas être cité de façon stable, ne remonte pas correctement dans Google Scholar, n'est pas comptabilisé dans les bases de citations, et disparaît définitivement si le site change d'adresse. C'est précisément ce qui vient de se produire : le domaine rafmi.org ayant cessé de résoudre, les articles qui y étaient publiés sont devenus introuvables, et aucune citation ne peut plus y renvoyer. Avec un DOI, le lien aurait survécu au changement de domaine.
Le DOI est également la condition d'entrée de tout le reste. Il porte les métadonnées de l'article, c'est-à-dire le titre, les auteurs, le résumé, les références et les dates. Ces métadonnées sont ensuite moissonnées par Google Scholar, par les bases de données, et par les outils bibliographiques. Sans DOI, RAFMI publie ; avec DOI, RAFMI est indexable.
L'International Standard Serial Number identifie la revue, là où le DOI identifie l'article. Une revue publiée à la fois sur papier et en ligne doit disposer de deux numéros distincts, un ISSN imprimé et un ISSN électronique. Le dossier de 2020 déclarait le même numéro pour les deux, ce qui est impossible. Un ISSN correctement enregistré auprès du Centre international est une condition préalable à toute candidature MEDLINE, vérifiée avant tout examen du contenu. Ce point est donc à régler avant tout le reste.
Identifiant unique et permanent attribué à un chercheur. Il résout un problème réel en contexte ouest-africain, où l'homonymie est fréquente et où les affiliations changent souvent. Il permet de rattacher sans ambiguïté un article à son auteur, et donc de constituer un dossier de carrière vérifiable. Le rendre obligatoire pour l'auteur correspondant coûte cinq minutes à l'auteur et améliore durablement la qualité des métadonnées de la revue.
Une revue en accès libre est une revue que le lecteur consulte gratuitement. Cela ne dit rien de ce qu'il a le droit d'en faire. C'est la licence qui le dit, et sans licence explicite personne ne sait s'il peut traduire un article, en reproduire une figure, ou l'inclure dans un support d'enseignement. Une licence Creative Commons répond à cette question en une ligne. RAFMI déclare l'accès libre depuis 2014 sans avoir jamais publié de licence, ce qui constitue un motif de rejet à part entière chez DOAJ. La question associée, tout aussi importante, est celle du titulaire du droit d'auteur : la norme en accès libre est que l'auteur le conserve et accorde à la revue une licence de publication.
JATS est le format normalisé de description d'un article scientifique en XML. PubMed, les agrégateurs et les bibliothèques attendent ce format. Un PDF est lisible par un humain ; le JATS est lisible par une machine, et c'est la machine qui indexe. OAI-PMH est le protocole par lequel les moteurs et les agrégateurs viennent moissonner automatiquement le catalogue d'une revue. Sans lui, la revue doit signaler chaque article manuellement à chaque base, ce que personne ne fait dans la durée. Ces deux briques sont nativement fournies par la plateforme retenue ; il n'y a rien à développer, uniquement à activer et à configurer correctement.
Un dépôt de préservation conserve une copie indépendante du contenu de la revue, de sorte qu'il survive à la disparition du site. Les dispositifs usuels sont le réseau de préservation du Public Knowledge Project, LOCKSS et CLOCKSS. C'est une exigence explicite dans les critères d'accès et de préservation de MEDLINE, et c'est aussi la seule réponse sérieuse à ce qui est arrivé au domaine d'origine de la revue.
Le Committee on Publication Ethics est l'organisme dont les recommandations font référence en matière de conduite éditoriale : traitement des soupçons de plagiat, gestion des conflits d'intérêts, procédure de correction et de rétractation, différends d'attribution d'auteur. Se conformer au COPE ne coûte rien : il s'agit de publier des procédures écrites qui suivent des modèles existants. Ne pas le faire est visible immédiatement, et les évaluateurs de 2020 l'ont relevé.
Ce que sont ces bases, en quoi elles diffèrent, et ce que l'inscription change réellement.
MEDLINE est la base de références bibliographiques de la National Library of Medicine des États-Unis. Elle est sélective : les revues y entrent sur candidature et après évaluation de la qualité scientifique et éditoriale. Sa particularité est l'indexation par le vocabulaire contrôlé MeSH, qui permet à un clinicien de retrouver un article par concept médical et non par mot-clé approximatif.
PubMed est le moteur de recherche public qui interroge MEDLINE, mais pas seulement : il contient également des références issues de PubMed Central et des citations en cours de traitement. Une revue peut donc apparaître dans PubMed sans être indexée dans MEDLINE. La distinction compte, parce que « être dans PubMed » recouvre plusieurs situations très inégales.
PubMed Central est une archive de textes intégraux, avec sa propre évaluation de qualité scientifique. Un point de vigilance : une revue récemment examinée par PMC et n'ayant pas satisfait à son standard de qualité n'est pas éligible à MEDLINE. L'ordre dans lequel on frappe aux portes n'est donc pas indifférent.
DOAJ, le Directory of Open Access Journals, est le répertoire de référence des revues en accès libre. Il est plus accessible que MEDLINE, ses critères sont publics et vérifiables point par point, et l'inscription y est un argument dans un dossier MEDLINE ultérieur. Première cible, donc.
AJOL, African Journals Online, héberge et diffuse les revues africaines. C'est le socle minimal de visibilité régionale, et de nombreuses revues médicales africaines indexées y figurent.
| Effet | Portée pour RAFMI |
|---|---|
| La valeur pour la carrière des auteurs | Le moteur principal tient là. Les enseignants-chercheurs de la zone CAMES ont besoin de publications dans des revues référencées pour leur avancement. Une revue non indexée reçoit les manuscrits que les revues indexées ont refusés, ce qui alimente exactement le reproche de faible rigueur. |
| La découvrabilité clinique | Une observation clinique sénégalaise indexée avec les descripteurs MeSH est retrouvée par un praticien qui cherche cette pathologie, où qu'il soit. Non indexée, elle n'existe que pour ceux qui connaissent déjà la revue. |
| La qualité des soumissions | Le cercle est vertueux ou vicieux, jamais neutre. L'indexation attire de meilleurs manuscrits, ce qui permet d'être sélectif, ce qui consolide l'indexation. |
| L'accès aux financements | Les bailleurs et les programmes d'appui à l'édition scientifique demandent le statut d'indexation avant d'examiner un dossier. |
| La valeur régionale | Les deux évaluateurs de 2020 ont reconnu que le contenu pouvait présenter un intérêt régional et porter sur des populations peu étudiées. C'est la valeur propre de RAFMI, et elle reste inexploitée tant que les articles ne sont pas trouvables. |
Information vérifiée
Le comité qui avait examiné RAFMI en 2020, le Literature Selection Technical Review Committee, a été supprimé en 2025. La NLM prend désormais la décision elle-même, en s'appuyant sur des consultants externes, en général au moins un scientifique et un bibliothécaire médical, qui examinent les articles des deux dernières années de la revue. Les cinq critères d'évaluation restent identiques à ceux du rapport de 2020, ce qui signifie que le diagnostic de la première partie de ce dossier reste entièrement valable.
Trois conséquences directes pour la stratégie de la revue.
Première conséquence. Les consultants examinent les articles des deux dernières années. Il ne sert donc à rien de déposer un dossier dès que la plateforme fonctionne : il faut d'abord publier deux années de contenu produit par le nouveau circuit. C'est la raison de fond du calendrier de vingt-quatre mois proposé plus loin, et non une précaution commerciale.
Deuxième conséquence. Un dossier peut désormais être rejeté dès le premier examen, sans évaluation du contenu, lorsque sont constatés des problèmes systématiques de rigueur scientifique, de qualité éditoriale, de politiques éditoriales, d'attribution d'auteur, notamment la publication répétée des mêmes auteurs et la publication par les membres du comité de rédaction, ou d'application des règles d'éthique. La liste recoupe presque terme pour terme les reproches formulés à RAFMI en 2020. Un dépôt prématuré serait écarté d'emblée.
Troisième conséquence. La NLM indique qu'elle peut tenir compte de la manière dont une revue a répondu aux observations d'un examen précédent. Le rapport de 2020 est au dossier. Cela se lit dans les deux sens : un nouveau dépôt qui ne traiterait pas explicitement les cinq axes serait fragile, tandis qu'un dossier montrant que chaque point a été traité, mesuré et documenté part avec un avantage réel. C'est exactement la logique de construction du présent document.
| Exigence préalable de la NLM | Situation de RAFMI |
|---|---|
| Un ISSN correctement enregistré au Registre international. | À vérifier. Le dossier de 2020 déclarait un numéro identique pour le papier et l'électronique. |
| Une publication effective depuis au moins douze mois. | Acquis. La revue paraît depuis 2014. |
| Au moins quarante articles évalués par les pairs publiés sous forme définitive. | Acquis, sous réserve que les archives restent accessibles. |
| Une publication au format électronique, conforme aux exigences d'accès au contenu. | Partiellement. Publication en PDF seulement, sans version HTML des articles. |
| Un résumé pour tout contenu évalué par les pairs, au moins sur les douze derniers mois. | Acquis sur le principe, à vérifier dans les métadonnées. |
| Le respect des exigences linguistiques, avec au minimum titres et résumés en anglais. | Les résumés anglais existent dans le PDF mais pas dans la couche HTML, ce que les évaluateurs ont relevé. |
Les critères DOAJ sont publics, chiffrés, et bien plus rapides à satisfaire. Deux méritent d'être cités en séance parce qu'ils tranchent des débats que le comité aura de toute façon.
Le premier est le plafond d'endogénie. La proportion d'articles de recherche dont au moins un auteur est rédacteur, membre du comité de rédaction ou relecteur ne doit pas dépasser vingt-cinq pour cent, dans chacun des deux derniers numéros. Un chiffre, donc, et non une appréciation. Il rend la discussion sur les articles des membres du comité immédiatement concrète, et il se mesure sur les numéros déjà parus, dès cette semaine.
Le second concerne les observations cliniques, qui représentaient trente-deux pour cent du contenu déclaré. Depuis 2025, une revue publiant des observations cliniques doit disposer d'une politique de consentement à la publication des détails et des images du patient, chaque article devant indiquer si ce consentement a été obtenu, d'une politique d'anonymisation, et de consignes de relecture spécifiques aux observations cliniques. Le cadre CARE y est recommandé. RAFMI ne dispose d'aucun de ces trois éléments.
S'y ajoutent les exigences de base : accès libre effectif avec licence explicite, ISSN valide, processus d'évaluation documenté, transparence sur la propriété et le modèle économique, politique de préservation, absence de liens rompus sur le site, et au moins cinq articles de recherche par an. Il est également recommandé d'afficher sur chaque article ses dates de soumission, d'acceptation et de publication, ce que la plateforme fera automatiquement.
L'ordre à retenir
ISSN d'abord, parce que c'est une condition préalable bloquante et que le point est en suspens depuis 2020. DOAJ ensuite, au douzième mois, parce que les critères sont vérifiables et que l'inscription est un actif dans le dossier suivant. MEDLINE au vingt-quatrième mois, parce que les consultants examineront deux années de contenu et qu'il faut que ces deux années aient été produites par le nouveau circuit. Toute tentative d'aller plus vite se solderait par un rejet au premier examen, et un second refus six ans après le premier serait durablement difficile à rattraper.
MEDLINE n'est pas la seule porte, et ce n'est pas la première.
Avant de classer les bases, il faut nommer l'urgence. Le guide d'évaluation des enseignants-chercheurs du CAMES pour la période 2024-2028 impose la publication dans des revues indexées. L'entrée en vigueur de cette exigence a été reportée à 2027, mais uniquement pour les comités techniques spécialisés Lettres et Sciences Humaines, Sciences Juridiques et Politiques, et Sciences Économiques et de Gestion. Le comité Médecine humaine n'est pas concerné par ce report.
Autrement dit, l'exigence s'applique dès maintenant aux internistes de l'espace CAMES, qui sont précisément le lectorat et le vivier d'auteurs de RAFMI. Le CAMES dispose par ailleurs d'une cellule chargée de vérifier la qualité des revues utilisées par les candidats, en examinant leur indexation dans les bases de la spécialité. Un maître-assistant qui prépare son dossier d'inscription doit donc publier ailleurs. Chaque bon manuscrit du réseau part aujourd'hui vers une revue indexée, et RAFMI reçoit ce que ces revues ont refusé. Le reproche de faible rigueur scientifique formulé en 2020 est en partie la conséquence mécanique de cette situation.
| Base | Difficulté | Ce qu'elle apporte et ce qu'elle exige |
|---|---|---|
| Crossref | Adhésion | Ce n'est pas un index mais le registre des DOI, et rien d'autre ne fonctionne sans lui. Adhésion annuelle et coût par article de l'ordre du dollar. Condition technique de tout le reste. |
| Google Scholar | Automatique | Aucune candidature. Il suffit que le certificat soit valide et que les pages d'articles portent auteurs, résumé et mots-clés. Quelques semaines après correction, la revue y est. |
| African Index Medicus | Déjà acquis | Répertoire de l'OMS Afrique, où la revue figure déjà. Acquis non exploité, à faire valoir dans toute candidature ultérieure. |
| AJOL | Six mois | African Journals Online. Barrière d'entrée faible, visibilité régionale immédiate, et le contenu y est moissonné par d'autres services. Gain rapide et peu coûteux. |
DOAJ est la cible structurante. Critères publics, vérifiables point par point, et décision bien plus rapide que celle de la NLM. L'inscription vaut ensuite argument dans un dossier MEDLINE. Une revue qui n'obtient pas DOAJ n'a aucune chance d'obtenir MEDLINE.
| Base | Difficulté | Ce qu'elle apporte et ce qu'elle exige |
|---|---|---|
| MEDLINE et PubMed | Élevée | La référence en médecine, avec l'indexation MeSH. Examen de deux années de contenu par des consultants externes. Traité en détail dans la section précédente. |
| Scopus | Élevée | Base d'Elsevier, examinée par un comité indépendant sur la politique éditoriale, la qualité de l'évaluation, la régularité, la citation et la présence de résumés anglais. Couverture plus large que MEDLINE et légèrement plus ouverte aux revues régionales. Pour la vérification CAMES, elle pèse autant que MEDLINE, parfois davantage. À conduire en parallèle. |
| Web of Science | Élevée | L'entrée se fait par l'Emerging Sources Citation Index, plus accessible que l'index principal, et constitue déjà une référence. Ouvre à terme la voie vers un facteur d'impact. |
| Embase | Moyenne | Base d'Elsevier orientée médicament et pharmacologie, dont la couverture de revues est plus large que celle de MEDLINE. Cible secondaire raisonnable. |
Les bouquets d'agrégateurs documentaires acceptent presque toutes les revues. Barrière faible, valeur de signal faible. Ils ne nuisent pas, mais ils ne comptent pas.
Le piège à nommer en séance
Il existe une industrie de répertoires payants dont la seule fonction est de fournir des logos à afficher. Le CAMES tient d'ailleurs une liste de bases qu'il n'accepte pas comme indexation, et les évaluateurs connaissent ces noms. Afficher une rangée d'écussons d'indexation sans valeur fait un mal considérable : c'est l'un des marqueurs habituels par lesquels un évaluateur identifie une revue prédatrice. RAFMI perçoit déjà des frais à la soumission et a déclaré un taux d'acceptation de cent pour cent ; il ne manquerait plus que des logos achetés pour compléter le profil. Quelqu'un proposera cette solution comme un gain rapide, et il faut avoir tranché avant.
Une règle simple, à adopter par le comité : si une base facture l'indexation elle-même plutôt qu'un service, ce n'est pas une indexation.
| Échéance | Cible |
|---|---|
| Immédiatement | Crossref et Google Scholar. Le premier est une adhésion, le second découle de la correction du certificat et de l'ajout des métadonnées. |
| Six mois | AJOL. |
| Douze mois | DOAJ. |
| Vingt-quatre à trente-six mois | Scopus et MEDLINE, conduits en parallèle. |
| Jamais | Aucun répertoire payant, quel qu'en soit le nom. |
Troisième partie · Le dispositif cible
Chaque étape a un responsable, un délai, et un verrou que le système empêche de contourner
Le principe directeur est simple. Le bon circuit ne doit pas être le circuit recommandé, il doit être le seul circuit disponible. Chaque verrou signalé ci-dessous est une règle appliquée par le système, pas une consigne écrite dans un règlement intérieur.
Dépôt en ligne uniquement. Champs obligatoires : titre et résumé en français et en anglais, mots-clés, type d'article, référence d'approbation éthique ou justification explicite de son absence, déclaration de conflits d'intérêts, financement, disponibilité des données, contributions des auteurs, identifiant ORCID de l'auteur correspondant.
Verrou : un champ manquant bloque le dépôtSimilitude documentaire, conformité de structure, format des références, présence d'une analyse statistique, classement dans le périmètre. Le rapport est joint au manuscrit et transmis à l'auteur, qui peut corriger avant toute lecture humaine.
Vérification de la complétude, de l'anonymisation, de la qualité des figures et de la déclaration éthique. Trois issues possibles : retour à l'auteur, refus de bureau motivé, ou passage en évaluation.
Cible : 20 à 30 % de refus de bureau. C'est l'indicateur le plus important de tout le dispositif.Désignation d'un rédacteur responsable selon la discipline.
Verrou : tout rédacteur partageant l'établissement ou une cosignature de moins de trois ans avec un auteur est écarté automatiquement. Si un auteur siège au comité de rédaction, le manuscrit est routé vers un rédacteur externe et l'opération est journalisée. Aucune dérogation possible.Deux relecteurs minimum, dont au moins un extérieur à l'établissement des auteurs et de préférence à leur pays. Le système propose des candidats selon l'expertise déclarée, la charge en cours et la réactivité passée. L'invitation ne contient que le titre et le résumé.
Réponse attendue sous 5 jours, avec déclaration de conflit d'intérêts à l'acceptation.Manuscrit anonymisé. Grille structurée : originalité, méthode, statistiques, conformité éthique, couverture de la littérature, clarté, recommandation. Commentaires à l'auteur et commentaires confidentiels au rédacteur séparés.
Rappels automatiques à J+14 et J+19. Réassignation automatique en cas de silence à J+28.Acceptation, révision mineure, révision majeure ou refus. Motivation écrite obligatoire. En cas d'avis divergents, un troisième relecteur est sollicité ou le rédacteur arbitre avec justification consignée. Lettre de décision générée en français et en anglais.
Verrou : aucune décision ne peut être enregistrée sans motivationManuscrit révisé accompagné d'une réponse point par point. Les révisions majeures retournent aux relecteurs initiaux. Un seul tour : un second échec vaut refus, l'auteur pouvant redéposer comme nouvelle soumission.
Lettre d'acceptation, DOI réservé, frais de publication facturés le cas échéant, avec la procédure d'exonération visible.
Verrou : la facture ne peut être émise qu'après enregistrement d'une décision d'acceptation motivée. Jamais avant.Tour de relecture rédactionnelle avec l'auteur, contrôle de la qualité de l'anglais des résumés par un rédacteur bilingue désigné, mise en page, bon à tirer validé par l'auteur sous 5 jours, génération du XML JATS, enregistrement du DOI auprès de Crossref.
Affectation au prochain numéro programmé, aux dates fixes du 30 juin et du 31 décembre. Diffusion automatique des métadonnées vers Crossref, Google Scholar, AJOL, DOAJ et les moissonneurs OAI. La page d'article affiche la date de soumission, la date d'acceptation, la date de publication et le nom du rédacteur responsable.
Corrections, expressions de préoccupation et rétractations selon la procédure publiée alignée sur le COPE. Canal de commentaires ouvert. Indicateurs suivis par article.
| Indicateur | Aujourd'hui | Cible 18 mois | Cible 36 mois |
|---|---|---|---|
| Délai soumission à première décision | non mesuré | 60 jours | 45 jours |
| Délai acceptation à publication | 180 j déclarés | 30 jours | 30 jours |
| Taux de refus de bureau | non mesuré | 20 à 30 % | 25 à 35 % |
| Taux d'acceptation global | 100 % déclaré | moins de 60 % | moins de 45 % |
| Taux de réponse des relecteurs | non mesuré | 70 % | 80 % |
| Articles avec DOI | 0 % | 100 % | 100 % |
Le point le plus délicat, et celui qui décidera de la capacité de la revue à refuser un article
La revue perçoit aujourd'hui 150 000 FCFA à la soumission. Il faut dire clairement ce que cela produit. Des frais de soumission ne sont pas illégitimes en soi : de grandes revues en pratiquent. Ce qui est intenable, c'est la combinaison de frais perçus à la soumission et d'un taux d'acceptation déclaré à 100 %. Pour un évaluateur DOAJ ou NLM, cette combinaison ne se lit pas comme un modèle de financement, elle se lit comme un tarif.
Le second effet est plus concret. Une somme perçue avant toute décision décourage exactement les auteurs dont la revue a besoin : les internes, les jeunes maîtres-assistants, les auteurs des pays voisins sans budget de recherche. Or RAFMI ne peut pas devenir sélective sans un flux de soumissions suffisant pour refuser. On ne construit pas un taux de refus de 25 % sur un flux que l'on taxe à l'entrée.
Avant de discuter du tarif de RAFMI, il faut savoir ce que pratiquent les revues comparables. Les chiffres qui suivent proviennent des pages publiques de ces revues et des données du répertoire DOAJ.
Le PAMJ est la revue africaine de référence en accès libre, indexée dans MEDLINE et déposée dans PubMed Central. Son modèle mérite d'être examiné en détail, parce qu'il est atteignable et qu'il contredit plusieurs intuitions.
| Type d'article | Auteurs africains | Autres pays à revenu faible ou intermédiaire | Pays à revenu élevé |
|---|---|---|---|
| Article de recherche et autres manuscrits | 300 USD environ 180 000 FCFA | 500 USD | 700 USD |
| Image en médecine clinique | 200 USD environ 120 000 FCFA | 350 USD | 500 USD |
| Lettre à la rédaction, commentaire | 200 USD | 300 USD | 500 USD |
| Revues satellites du groupe | 200 USD | 300 USD | 500 USD |
Quatre enseignements, et le premier est désagréable.
RAFMI facture presque le prix du PAMJ
Un auteur africain paie environ 180 000 FCFA pour publier un article de recherche dans une revue indexée dans MEDLINE, présente dans PubMed Central, dotée de DOI, avec une décision annoncée en six semaines. Le même auteur paie 150 000 FCFA à RAFMI, à la soumission, sans indexation, sans DOI, et sans délai annoncé. L'écart de tarif est d'environ dix-sept pour cent ; l'écart de service est sans commune mesure. Un maître-assistant qui compare les deux, et il compare, n'a aucune raison rationnelle de choisir RAFMI.
Deuxième enseignement. Le PAMJ indique explicitement qu'il ne facture aucun frais de soumission. Le paiement intervient à l'acceptation, sous trente jours, faute de quoi l'article peut être retiré. Le principe est net : on paie pour être publié, jamais pour être lu.
Troisième enseignement. Le tarif est modulé selon le niveau de revenu du pays de l'auteur, en trois tranches, avec un barème publié. Les exonérations existent mais sont annoncées comme rarement accordées, précisément parce que le tarif de base est déjà bas. Une grille publique et honnête vaut mieux qu'une exonération discrétionnaire négociée au cas par cas.
Quatrième enseignement, le plus utile. Le PAMJ a maintenu son tarif à 180 dollars pendant dix ans avant de l'augmenter en 2023. Pendant cette décennie, il est passé de quelques dizaines de manuscrits par an à plus de quatre mille, et de deux salariés à plus de quinze répartis sur deux pays. Autrement dit : il a construit le volume d'abord, et monétisé ensuite. RAFMI se trouve aujourd'hui à l'étape où le PAMJ était en 2013.
Les frais d'auteur ne sont qu'une partie du modèle. Le PAMJ exploite en parallèle des adhésions institutionnelles qui ouvrent droit à remise ou exonération pour les auteurs de l'établissement, des suppléments dont le prix est fixé au cas par cas selon la localisation, la taille et le budget de l'organisme commanditaire, un service commercial dédié disposant d'un dossier de presse pour les annonceurs, une plateforme de gestion de congrès, et une famille de revues satellites partageant la même infrastructure. Ce sont exactement les leviers énumérés plus bas, mis en oeuvre par une équipe partie de rien en 2008.
Le Pan African Journal of Life Sciences, publié par une université nigériane, facture 50 000 nairas aux auteurs nationaux et 200 dollars aux auteurs étrangers, à l'acceptation après évaluation. Même structure : tarif national bas, tarif international plus élevé, paiement après décision.
À l'autre extrémité, une revue comme le PAMJ Images facture 200 dollars pour un format d'une page. Le prix ne suit pas la longueur de l'article, il suit le coût du traitement éditorial. C'est un argument à retenir si quelqu'un propose de moduler le tarif de RAFMI selon le nombre de pages.
| Donnée | Ce que RAFMI doit en tirer |
|---|---|
| Selon les analyses des données DOAJ, environ les deux tiers des revues en accès libre référencées ne facturent aucun frais aux auteurs. | Le modèle sans frais est majoritaire dans le monde. Facturer n'est ni obligatoire, ni scandaleux, mais cela doit être justifié par un service. |
| L'Afrique est le seul continent où ce modèle sans frais est minoritaire : environ 39 % des revues africaines référencées, contre 61 % qui facturent. À titre de comparaison, 95 % en Amérique du Sud, 65 % en Amérique du Nord, 63 % en Europe. | Facturer est la norme régionale. Le comité n'a pas à s'en excuser. La question n'est pas s'il faut facturer, mais quand et contre quoi. |
| Plus de 60 % des revues sans frais déclarent un coût annuel de fonctionnement inférieur à 10 000 dollars, contributions en nature comprises. | Environ six millions de FCFA par an. C'est l'ordre de grandeur du coût réel d'une revue de cette taille, et cela situe utilement le budget de la plateforme. |
| La revue médiane sans frais publie environ vingt-trois articles par an. Plus de la moitié en publient vingt-quatre ou moins. | Avec cinquante-quatre articles annoncés, RAFMI est au-dessus de la taille médiane de sa catégorie. Le problème n'est pas le volume. |
| En médecine, environ la moitié des revues en accès libre intégral ne facturent rien. | Les deux modèles coexistent dans la discipline. Aucun n'est disqualifiant en soi. |
| Parmi les revues sans frais référencées, à peine plus de la moitié attribuent un DOI, et près de 45 % n'utilisent aucun identifiant pérenne. Plus de la moitié n'ont aucune politique d'archivage. | Les lacunes techniques de RAFMI sont banales dans sa catégorie. C'est précisément ce qui fait qu'en les corrigeant, la revue se distingue à peu de frais. |
La conclusion à porter en séance
RAFMI pratique aujourd'hui un tarif de revue indexée pour un service de revue non indexée, et l'encaisse avant toute décision éditoriale, ce que ne fait aucune des revues de référence examinées. La question n'est donc pas de savoir s'il faut baisser le prix. Elle est de savoir dans quel ordre reconstruire : d'abord le service, ensuite l'indexation, et le tarif en dernier. Le PAMJ a tenu dix ans à tarif constant avant d'augmenter. RAFMI peut difficilement faire l'inverse.
| Aujourd'hui | Proposition |
|---|---|
| 150 000 FCFA à la soumission, sans politique d'exonération publiée | 25 000 FCFA de frais de dossier à la soumission, appliqués à tous sans exception, y compris aux membres du comité de rédaction et aux articles sollicités. Ils couvrent le contrôle anti-plagiat et le contrôle technique. Service réel, coût réel, défendable. |
| Rien de prévu à l'acceptation | 125 000 FCFA de frais de publication à l'acceptation. Total inchangé pour un article accepté. Un auteur refusé paie 25 000 au lieu de 150 000. |
| Aucune exonération publiée | Exonérations publiées : internes, étudiants, premiers auteurs des pays à faible revenu de la zone CAMES. Plafond par numéro, politique affichée sur le site. |
| Aucune remise adhérent | Remise de 25 % pour les membres à jour de la SAMI, appliquée automatiquement. |
Pourquoi déplacer l'argent derrière la décision
Tant que l'encaissement a lieu avant la décision, chaque refus est une perte de trésorerie déjà comptabilisée. On ne peut pas demander à un comité de devenir sélectif quand la sélectivité lui coûte de l'argent immédiatement. Déplacer les frais après l'acceptation est la seule manière de rendre le refus économiquement neutre. Il faut aussi annoncer la conséquence : l'année de transition verra une baisse de recette de l'ordre de 2 à 3 millions de FCFA, le temps que le décalage d'encaissement se résorbe et que les refus commencent.
Le sujet n'est pas le tarif auteur. À cinquante-quatre articles par an, les frais de publication ne financeront jamais la revue. Les recettes structurantes d'une revue de société savante sont ailleurs, et RAFMI n'en active aucune.
| Source | Potentiel annuel | Conditions et remarques |
|---|---|---|
| Cotisations SAMI adossées à la plateforme | 4 à 5 M FCFA | Le modèle de financement le plus répandu et le plus stable pour une revue de société savante. La revue devient un avantage adhérent. 15 000 FCFA par an, cible de 300 membres. Le fichier existe déjà, il n'est ni numérisé ni relancé. |
| Abonnements institutionnels papier | 2 à 3 M FCFA | Universités, CHU, ministères et bibliothèques médicales de la zone CAMES. 100 000 à 150 000 FCFA par institution et par an. Le papier conserve une valeur de prestige et de diffusion réelle là où la connexion est mauvaise. |
| Suppléments parrainés | 3 à 6 M FCFA | Une société nationale ou un congrès finance la publication de ses résumés en supplément, avec DOI. Pratique parfaitement standard, à deux conditions : le supplément est identifié comme parrainé, et l'évaluation par les pairs n'est pas contournée. Deux par an sont réalistes compte tenu du réseau SAMI au Mali, au Burkina, en Côte d'Ivoire et en Guinée. |
| Publicité pharmaceutique et diagnostique | 2 à 4 M FCFA | Encarts papier et bannières en ligne. 500 000 à 1 000 000 FCFA par emplacement. C'est ainsi que se financent la plupart des revues médicales francophones de la sous-région. Exige une politique publicitaire publiée et une séparation visuelle stricte entre publicité et contenu. |
| Soutien institutionnel formalisé | variable | L'Université de Thiès fournit déjà l'adresse et du temps agent. Transformer cet appui en ligne budgétaire déclarée, et solliciter les facultés partenaires. |
| Financements de l'édition scientifique | variable | AUF pour l'édition francophone, lignes d'appui à la publication du CAMES, bailleurs de l'accès ouvert africain. Long et concurrentiel, mais une revue financée par subvention ne facture rien aux auteurs, ce qui est la position la plus solide possible face à un indexeur. |
| Formation et services | 1 à 3 M FCFA | Ateliers payants d'écriture scientifique et d'évaluation par les pairs pour les jeunes chercheurs de la sous-région. Forte demande, coût de production faible, et renforcement direct de l'autorité de la revue. À terme, hébergement et gestion d'autres revues francophones sur la même plateforme. |
Pas de procédure accélérée payante. Pas de tarif différencié selon la probabilité d'acceptation. Aucun lien, même informel, entre un paiement et une décision éditoriale. Ces trois pratiques suffisent à faire classer une revue comme prédatrice, et le classement est irréversible en pratique.
Séquencée par cible d'indexation, et non par lot de fonctionnalités
| Échéance | Ce qui est livré | Ce que cela débloque |
|---|---|---|
| Mois 0 à 3 | Domaine stabilisé et contrôlé par la SAMI, HTTPS valide, plateforme installée, migration des 13 volumes, adhésion Crossref, DOI rétroactifs. | Les archives cessent d'être à la merci d'un prestataire. Les articles deviennent citables et trouvables par Google Scholar. |
| Mois 3 à 6 | Rédaction et publication des politiques manquantes : évaluation, éthique et consentement, corrections et rétractations, licence d'accès libre, politique publicitaire, exonérations. Comité de rédaction republié avec titres et qualifications. | Les six lacunes de politique relevées par la NLM sont comblées et vérifiables page par page. |
| Mois 4 à 8 | Circuit d'évaluation en production : champs obligatoires, contrôle automatique, moteur de conflits d'intérêts, grille structurée, relances, tableau de bord. | La revue commence à produire ses propres chiffres. Le premier taux d'acceptation mesuré apparaît. |
| Mois 6 à 9 | Restructuration tarifaire, paiements Wave, Orange Money et carte, exonérations en ligne, adossement des cotisations SAMI. | La sélectivité devient économiquement supportable. Nouvelle recette de cotisations. |
| Mois 9 à 12 | Deux numéros publiés aux dates annoncées. Premier supplément parrainé. Dépôt du dossier DOAJ. | Première cible d'indexation réaliste, avec un calendrier tenu à l'appui. |
| Mois 12 à 18 | Diversification des auteurs et des relecteurs hors Thiès et hors Sénégal. Suivi public des indicateurs. Dépôt de préservation actif. | Réponse au reproche d'indépendance et au reproche d'impact. |
| Mois 18 à 24 | Deux années complètes de données de circuit. Taux d'acceptation sous 60 %. Nouveau dépôt MEDLINE, appuyé sur les journaux d'audit exportés de la plateforme. | Le dossier est cette fois constitué de chiffres mesurés, et non de valeurs saisies de mémoire. |
Quatrième partie · L'offre Azertica
Le principe d'ingénierie est de ne pas reconstruire ce qui existe et fonctionne. Open Journal Systems gère déjà nativement la soumission, l'évaluation en aveugle, le circuit éditorial, la publication des numéros, les DOI, l'entrepôt OAI-PMH, l'export JATS et l'archivage. Le reconstruire prendrait douze mois pour aboutir à un OJS moins bon. Notre valeur est la couche que nous ajoutons par-dessus, et qui n'existe dans aucun logiciel disponible aujourd'hui.
OJS 3.4, hébergé et configuré par Azertica, en français et en anglais, sur un domaine contrôlé par la SAMI. Thème adapté à l'identité de la revue, allégé pour les connexions lentes, article accessible en un clic en HTML et en PDF. Sauvegardes quotidiennes, certificat de sécurité valide, adhésion Crossref gérée, dépôt de préservation activé.
Reprise des treize volumes depuis le site actuel et depuis ce qui reste de l'archive OJS d'origine, avec attribution rétroactive d'un DOI à chaque article. C'est un chantier à traiter en premier et sans attendre : le domaine rafmi.org ayant disparu, une partie du corpus n'existe peut-être plus qu'en PDF sur des postes individuels. Chaque mois qui passe augmente le risque de perte définitive.
Similitude documentaire, conformité de structure IMRAD, format et densité des références, présence d'une analyse statistique, classement dans le périmètre déclaré. Produit un rapport en français transmis à l'auteur et au secrétaire de rédaction, avec une recommandation de refus de bureau motivée. C'est le module qui rend un taux de refus de 25 % atteignable sans surcharger la rédaction.
Écarte automatiquement tout rédacteur ou relecteur partageant l'établissement ou une cosignature de moins de trois ans avec un auteur. Route vers un rédacteur externe, et journalise l'opération, dès qu'un membre du comité de rédaction est auteur. Répond directement au reproche d'indépendance qui a pesé le plus lourd en 2020.
Wave, Orange Money et carte bancaire. Frais de dossier à la soumission, frais de publication à l'acceptation, remise automatique pour les membres SAMI à jour, demande d'exonération en ligne, reçus, rapprochement comptable. Verrou intégré : aucune facture de publication ne peut être émise avant l'enregistrement d'une décision d'acceptation motivée.
Les critères DOAJ, AJOL, MEDLINE et Scopus présentés en liste de contrôle, chacun rouge, orange ou vert, avec le lien vers la preuve. À côté, les indicateurs vivants de la revue : taux d'acceptation, taux de refus de bureau, délai jusqu'à première décision, taux de réponse des relecteurs, avancement du numéro en cours. C'est l'outil que la rédaction ouvre avant de remplir un formulaire d'indexation, au lieu de saisir des valeurs de mémoire.
Chaque évaluation rendue dans les délais ouvre un crédit sur les frais de publication du relecteur, et génère un certificat téléchargeable utilisable dans un dossier CAMES. C'est le mécanisme qui fait revenir des relecteurs non rémunérés dans un délai de vingt et un jours, et sans lui le circuit décrit en partie II ne tiendra pas.
Rédaction des politiques manquantes : évaluation par les pairs, éthique de la recherche, consentement éclairé, corrections et rétractations alignées sur le COPE, licence d'accès libre explicite, politique publicitaire, politique d'exonération. Republication du comité de rédaction avec titres et qualifications. Reformulation de l'énoncé de champ. Ce sont des textes, pas du code, et ils pèsent autant que la plateforme dans une décision d'indexation.
Ce que chacun voit et fait, du dépôt à la publication
Compte lié à son identifiant ORCID. Dépôt guidé, avec blocage tant qu'un champ obligatoire manque. Rapport de contrôle automatique reçu immédiatement, ce qui lui permet de corriger avant toute lecture humaine. Page de suivi indiquant l'étape en cours, le nombre de jours écoulés et la date attendue de la prochaine étape. Réception des décisions et des commentaires de relecture dans la plateforme, dépôt de la version révisée avec un formulaire de réponse point par point. Paiement à l'acceptation par mobile money ou carte, demande d'exonération sur le même écran. Article publié avec DOI, formats de citation prêts à copier et lien de partage.
Invitation ne contenant que le titre et le résumé, acceptation ou refus en un clic, déclaration de conflit d'intérêts à l'acceptation. Manuscrit anonymisé et grille structurée à remplir, avec commentaires à l'auteur et commentaires confidentiels au rédacteur séparés. Délai affiché, rappels automatiques, une prolongation possible. Profil avec domaines d'expertise et langues, pour que l'affectation se fasse par compétence et non par proximité. Crédit sur ses propres frais de publication et certificat téléchargeable à chaque évaluation rendue.
File d'arrivée où chaque soumission se présente avec son rapport de contrôle automatique. Refus de bureau en un clic avec motif type, ou transmission au rédacteur responsable. Liste de contrôle imposée avant tout passage à l'étape suivante. Vue unique de tous les dossiers en retard dans la revue, avec relance en un clic.
Affectation automatique ou manuelle, avec le moteur de conflits d'intérêts appliqué en amont et sans possibilité de dérogation. Liste de relecteurs proposés, classés par expertise, charge en cours et réactivité passée. Lecture des deux évaluations côte à côte, enregistrement de la décision avec motivation obligatoire, lettre générée en français et en anglais.
Tableau de bord de la revue et panneau d'indexation. Journal d'audit complet sur chaque manuscrit, exportable en dossier pour une candidature. Programmation des numéros aux dates fixes, avec alerte dès qu'un numéro prend du retard. Validation des exonérations et vue sur le rapprochement des paiements.
File de production ouverte à l'acceptation : tour de relecture rédactionnelle avec l'auteur, contrôle de la qualité de l'anglais des résumés, mise en page, bon à tirer. Génération du XML JATS, enregistrement du DOI, publication du numéro en un clic, avec diffusion automatique des métadonnées vers Crossref, Google Scholar, AJOL, DOAJ et les moissonneurs OAI.
Annuaire des membres relié aux comptes de la plateforme, pour que la remise adhérent s'applique seule. Tableau financier : frais encaissés, exonérations accordées, crédits de relecture en circulation. Rapport annuel exportable pour le CAMES et pour les bailleurs.
Ce que nous faisons avec vous, et non à votre place.
Un logiciel n'est que la mise en application d'un processus. Si le processus n'est pas décidé avant l'installation, la plateforme reproduira le fonctionnement actuel avec une interface plus agréable, et la revue se retrouvera dans six ans devant le même rapport d'évaluation. C'est la raison pour laquelle la conception du circuit précède la configuration, et non l'inverse.
Le circuit décrit en deuxième partie n'est pas un document à approuver en bloc. C'est une proposition de départ, à discuter article par article avec la rédaction, puis à arrêter formellement par le comité. Notre travail consiste à conduire cette discussion, à en tirer un règlement écrit, et à traduire ce règlement en règles appliquées par le système.
Passage en revue des huit décisions structurantes listées plus bas. Chaque décision est tranchée en séance et consignée. Sans ces arbitrages, rien de ce qui suit ne peut être écrit.
Le texte qui fixe la composition et le mandat des instances, les rôles et leurs prérogatives, le circuit d'un manuscrit, les délais opposables, et les règles de récusation. La revue n'a jamais eu ce document, et son absence explique la moitié du rapport de 2020.
Évaluation par les pairs, éthique de la recherche, consentement éclairé et droits des patients, conflits d'intérêts, corrections et rétractations alignées sur le COPE, licence d'accès libre, politique publicitaire. Rédigées par nous, relues et adoptées par le comité, publiées avec leur date d'entrée en vigueur.
Une grille distincte par rubrique, avec les exigences méthodologiques propres à chacune. Le cadre CARE pour les observations cliniques, un effectif et un test statistique minimaux pour les articles originaux. C'est ce qui répond au reproche de rigueur scientifique.
Lettres d'invitation, de relance, d'acceptation, de révision et de refus. Bibliothèque de motifs de refus de bureau. Un rédacteur qui dispose d'un motif type refuse ; un rédacteur qui doit rédiger une lettre de refus depuis une page blanche accepte.
Identification, sollicitation et enregistrement de relecteurs au-delà du cercle de Thiès et de Dakar, avec fiches d'expertise et de langues. Sans vivier, un délai de vingt et un jours est une fiction.
Ce que fait concrètement le secrétaire de rédaction, le rédacteur responsable, le relecteur, la production. Écrit pour être utilisé, pas pour être classé.
Nous suivons les vingt premiers dossiers aux côtés de la rédaction, décision par décision. C'est là que le processus s'installe réellement, et c'est la partie de la mission que l'on ne peut pas remplacer par de la documentation.
Séance de deux heures sur les chiffres réels du trimestre, avec ajustement du dispositif. Sans ce rendez-vous, les anciennes habitudes reviennent par glissement.
Les semaines sont comptées à partir de la signature. Ce calendrier court en parallèle de l'installation technique, et non après elle.
| Semaines | Travaux | Qui produit | Point de passage |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 | Atelier de cadrage et arbitrage des huit décisions structurantes. | Comité de rédaction, animé par Azertica | Relevé de décisions signé par la direction de publication. |
| 3 à 6 | Rédaction du règlement éditorial et des sept politiques. | Azertica rédige, la rédaction amende | Deux tours d'allers-retours au maximum, puis adoption. |
| 5 à 8 | Grilles d'évaluation par rubrique, modèles de lettres, bibliothèque de motifs de refus. | Azertica, avec deux référents scientifiques désignés | Grilles testées à blanc sur cinq articles déjà publiés. |
| 7 à 10 | Constitution du vivier de relecteurs et fiches d'expertise. | Comité et réseau SAMI, outillés par Azertica | Quarante relecteurs enregistrés au minimum avant la mise en service. |
| 9 à 12 | Manuel de procédures, formation par rôle, traduction du règlement en règles appliquées par la plateforme. | Azertica | Mise en service. Le circuit devient le seul circuit disponible. |
| 13 à 20 | Accompagnement en double sur les vingt premiers manuscrits. | Rédaction, avec Azertica en appui | Premier taux de refus de bureau mesuré. |
| 21 à 24 | Première revue trimestrielle, ajustement du dispositif, publication des engagements de délais sur le site. | Comité et Azertica | Les délais annoncés deviennent opposables et publics. |
| Ensuite | Revue trimestrielle des indicateurs et préparation des dossiers d'indexation. | Comité et Azertica | Dépôt DOAJ au douzième mois, dépôt MEDLINE au vingt-quatrième. |
Ce sont les arbitrages de l'atelier de cadrage. Chacun engage la revue, et aucun ne relève d'un prestataire technique. Nous apportons les options, les conséquences de chacune et la pratique des revues comparables ; le comité tranche.
| Décision | Ce qui se joue |
|---|---|
| Le périmètre exact de la revue, y compris ce qu'elle refusera désormais. | Répond au premier axe du rapport. Sans exclusion écrite, aucun refus de périmètre n'est défendable. |
| Le principe du refus de bureau et son seuil cible. | La décision la plus lourde de l'atelier. Elle conditionne l'ensemble du dispositif et le calendrier d'indexation. |
| Le régime applicable aux articles signés par des membres du comité. | Répond au reproche d'indépendance. Nous recommandons le routage externe systématique et journalisé, sans dérogation. |
| Simple ou double aveugle, et nombre de relecteurs par manuscrit. | Nous recommandons le double aveugle et deux relecteurs, dont un extérieur à l'établissement des auteurs. |
| Le nombre de tours de révision avant refus définitif. | Nous recommandons un seul tour. Deux tours allongent le délai sans améliorer la qualité. |
| La grille tarifaire et la politique d'exonération. | Traité en détail dans la partie consacrée au modèle économique. |
| Les deux dates fixes de parution. | Répond au reproche de calendrier irrégulier. Une fois annoncées, elles deviennent un engagement public. |
| La licence d'accès libre retenue et le titulaire du droit d'auteur. | Critère DOAJ à part entière. Une revue en accès libre sans licence explicite est une revue sans politique de droits. |
Ce que cet accompagnement suppose de votre côté
Un référent désigné, disponible deux demi-journées par semaine pendant six mois, et deux référents scientifiques pour les grilles d'évaluation. Le comité doit se réunir trois fois sur la période : à l'atelier de cadrage, à l'adoption du règlement et des politiques, et à la première revue trimestrielle. Si ces trois réunions ne peuvent pas être tenues, il faut le dire maintenant et retenir l'option C, qui délègue le secrétariat éditorial, plutôt que de constater l'enlisement au sixième mois.
Avec, pour chacune, ce qu'elle coûte et ce qu'elle laisse non résolu
Option A
1 400 000 FCFA à l'installation, puis 700 000 FCFA par an
Installation et configuration d'OJS, migration des archives, formation des équipes, hébergement et support. Aucun module spécifique, et aucun accompagnement à la conception du processus éditorial.
Option B, recommandée
2 600 000 FCFA à l'installation, puis 1 800 000 FCFA par an, plus 10 % des frais de publication encaissés via la plateforme
Tout le contenu de l'option A, plus les cinq modules Azertica, la conception complète du processus éditorial décrite ci-dessus avec ses neuf livrables, le tableau de bord d'indexation, le rapport mensuel d'avancement et l'accompagnement des candidatures DOAJ puis MEDLINE.
Option C
2 600 000 FCFA à l'installation, puis 4 200 000 FCFA par an
L'option B, plus un secrétariat de rédaction assuré par Azertica à temps partiel : contrôle technique, relances des relecteurs, préparation des numéros, suivi des indicateurs.
Option D
Au-delà de 12 000 000 FCFA, sur douze mois
Construction d'un système propriétaire depuis zéro.
Option E
Aucun coût immédiat
La revue poursuit sur le site actuel et le circuit actuel.
Option B, détaillée
La remise de 1 600 000 FCFA est un choix commercial assumé, et il vaut mieux l'énoncer que le laisser deviner. Les membres de la SAMI et les internistes de la zone CAMES sont exactement le public auquel Azertica s'adresse par ailleurs. Conduire RAFMI jusqu'à l'indexation a pour nous une valeur de référence qui dépasse la marge sur ce contrat. Ce n'est pas une faveur, et ce n'est pas non plus un prix d'appel destiné à être rattrapé plus tard : le tarif annuel est celui qui s'appliquera dans la durée.
| Part | Déclenchement | Livrable associé |
|---|---|---|
| 40 % | À la signature | Domaine sécurisé au nom de la SAMI, environnement installé, plan de migration validé. |
| 30 % | À la mise en service | Règlement éditorial et sept politiques adoptés et publiés, treize volumes migrés avec DOI rétroactifs, circuit d'évaluation opérationnel, équipes formées. |
| 30 % | Au dépôt du dossier DOAJ | Deux numéros publiés aux dates annoncées, tableau de bord alimenté par des données réelles, dossier DOAJ constitué et déposé. |
Le dernier tiers est volontairement adossé au dépôt DOAJ. Si nous ne conduisons pas la revue jusque-là, nous ne facturons pas ce tiers.
Il est peu probable que ces montants sortent de la trésorerie courante de la revue, et il vaut mieux le traiter en séance que le découvrir après. Quatre sources, à combiner.
| Source | Ordre de grandeur | Ce qu'il faut faire |
|---|---|---|
| Prévente d'un supplément parrainé | 1 500 000 à 3 000 000 | Un congrès ou une société nationale du réseau SAMI finance la publication de ses résumés. C'est la source la plus rapide, et elle peut être engagée avant même la signature. |
| Relance des cotisations SAMI | 2 000 000 à 4 000 000 | Numériser le fichier des membres et lancer une campagne d'adhésion adossée aux avantages de la plateforme. |
| Ligne budgétaire de l'Université de Thiès | variable | Formaliser l'appui déjà fourni en nature en une contribution déclarée, et solliciter les facultés partenaires. |
| Appui à l'édition scientifique francophone | variable | AUF et lignes d'appui à la publication du CAMES. Instruction longue, à engager en parallèle et non en préalable. |
Au volume actuel de cinquante-quatre articles et de 150 000 FCFA par soumission, la revue mobilise déjà de l'ordre de huit millions de FCFA par an de ressources auteurs. L'installation représente moins d'un tiers de ce montant, en une fois, et l'abonnement annuel un peu moins d'un quart. Un prestataire commercial équivalent, sur le marché anglo-saxon, se situe dans le même ordre de grandeur pour un service qui ne comprend ni la migration, ni la rédaction des politiques, ni l'accompagnement des candidatures, ni le support en français.
Si deux de ces quatre signaux apparaissent au sixième mois, il faut suspendre la préparation de la candidature DOAJ et traiter d'abord la question éditoriale. Déposer un dossier avec de mauvais chiffres mesurés serait pire que de ne pas déposer du tout : un second refus, six ans après le premier, serait durablement difficile à rattraper.
À dire avant la signature, pas après
Une plateforme ne fait pas baisser un taux d'acceptation. Cette décision appartient au comité de rédaction et à lui seul. Ce que le système apporte est différent, et il faut être précis sur la frontière.
Si le comité n'est pas prêt à refuser des articles, aucune plateforme ne conduira RAFMI dans MEDLINE. Il vaut mieux l'entendre maintenant qu'après la construction.